Huit heures quarante, vous aérez la pièce et vous ouvrez votre semaine sur le téléphone : quatre personnes aujourd'hui, dont une première fois, et une demande arrivée cette nuit par le lien. Neuf heures, la première monte sur la table, vous avez relu sa fiche pendant qu'elle enlevait son manteau : en mai vous aviez travaillé les nuits, elle devait vous redire si les réveils avaient cessé, et l'espace client montre les cases cochées de la semaine dernière. Dix heures dix, elle se relève doucement, vous prenez le temps du retour, elle règle en chèque, vous notez l'encaissement. Dix heures quinze, debout dans le couloir, vous dictez trente secondes : ce qu'elle est venue chercher, ce que vous avez fait, les consignes des quarante-huit heures, retour dans trois semaines. Vous relisez, vous coupez un mot, vous validez, c'est rangé quand la suivante sonne. Onze heures trente, une fille appelle pour son père hospitalisé : vous créez la fiche au nom du père, vous notez son prénom, sa date de naissance et le service, et vous mettez le numéro de la fille comme personne à joindre. Midi, un message pour une brûlure de la veille, vous demandez à ce qu'on vous envoie une photo, vous le faites tout de suite, vous notez le premier passage et vous programmez les deux suivants sur jeudi et vendredi. Quatorze heures trente, vous prenez la route pour la ferme, vous rouvrez dans la voiture la fiche du cheval de la semaine dernière et celle du troupeau, puis vous dictez votre retour au retour, sur le parking. Dix-huit heures, vous confirmez trois demandes arrivées par le lien pour vos créneaux du mardi soir. Vingt et une heures, la liste des soins à distance : six prénoms, six photos, vous les ouvrez l'un après l'autre, vous dictez deux phrases après chacun, et tout se range dans les bonnes fiches. Vingt et une heures quarante, vous éteignez. Dimanche soir, il n'y aura rien à rattraper.