Anamnèse : définition, contenu et usage au fil du suivi
L'anamnèse est le premier recueil d'informations mené avec un nouveau client : son parcours, son contexte de vie, ce qui l'amène et ce qu'il attend de l'accompagnement. Le mot vient du grec et signifie « remémoration ».
Un mot emprunté, un usage très concret
Le terme est né dans les professions de santé, où l'anamnèse désigne l'histoire rapportée par le patient lui-même, par opposition à ce que le praticien observe ou mesure. Les praticiens du bien-être l'ont repris pour nommer le même geste : écouter avant d'agir. Selon les pratiques, on l'appelle aussi bilan de vitalité, premier entretien, entretien préalable ou séance découverte.
Une précision utile : dans un cabinet de bien-être, l'anamnèse n'est ni un examen ni un diagnostic. C'est un cadre d'écoute et une prise de notes, qui produit une base de travail commune plutôt qu'une conclusion sur la personne.
Ce qu'on y note, et ce qu'on n'y note pas
Une anamnèse utile n'a pas besoin de tout contenir. Ce qui sert tourne autour de cinq blocs :
- Le motif : ce que la personne dit venir chercher, avec ses mots à elle plutôt qu'avec les vôtres.
- Le contexte : la situation de vie qui entoure la demande, dans la mesure où elle éclaire l'accompagnement.
- Les objectifs : ce que le suivi vise, formulé de façon assez concrète pour qu'on puisse y revenir dans six mois.
- Ce qui a déjà été tenté : les démarches, les outils, les accompagnements passés, avec ce qui a aidé et ce qui n'a rien changé.
- Le cadre pratique : disponibilités, contraintes de déplacement, manière dont la personne vous a connue.
À l'inverse, la règle qui protège tout le monde est celle de la minimisation : ne collectez que ce qui sert réellement l'accompagnement. Un numéro de sécurité sociale, la profession du conjoint ou l'adresse exacte de l'employeur n'ont en général rien à faire dans votre dossier. Ce que vous ne notez pas ne peut ni fuiter ni être mal interprété.
Un dernier réflexe de rédaction : écrivez votre anamnèse en sachant qu'un client pourrait la lire un jour, puisqu'il a le droit d'en demander une copie. Cela n'appauvrit pas la note, cela la rend plus factuelle. « Dit dormir mal depuis le déménagement » vaut mieux que n'importe quelle interprétation rapide.
Ce que cela change concrètement quand on gère un cabinet
L'anamnèse se relit surtout à un moment précis : juste avant que la personne arrive. La question devient alors une affaire d'organisation plus que de méthode : une anamnèse restée dans un cahier au cabinet, ou sur l'ordinateur du bureau, a peu de chances d'être relue à temps.
C'est pour cela qu'elle gagne à vivre au même endroit que le reste du dossier. Dans Therapilot, la fiche d'un client porte sa problématique principale, ses objectifs, sa tranche d'âge et l'origine du contact, et les comptes rendus de séance viennent s'empiler dessous, dans l'ordre. Therapilot fonctionne dans le navigateur, sur ordinateur comme sur téléphone, ce qui règle la question du « c'est resté au cabinet ».
Reste le temps de saisie : une première séance produit beaucoup de matière, et la recopier le soir venu, c'est prendre le risque de ne jamais le faire. Après la séance, vous dictez ce que vous avez retenu, le texte est mis en forme, vous relisez, vous corrigez, vous validez. La trace est prise pendant qu'elle est encore fraîche. Notre guide sur rédiger vos comptes rendus de séance plus vite détaille des trames par métier.
Une anamnèse est un traitement de données comme un autre
Dès qu'elle est écrite, l'anamnèse devient une donnée personnelle, et souvent une donnée sensible, puisqu'elle peut révéler l'état de santé physique ou mental de la personne. Trois conséquences pratiques : vous informez le client de ce que vous notez et pourquoi, vous gardez une trace de son accord, et vous inscrivez ce traitement dans votre registre des traitements, avec une durée de conservation que vous vous engagez à respecter.
Rien de tout cela n'est une montagne : nos repères RGPD pour un praticien ramènent l'exercice à une demi-journée de mise en ordre.
Selon les pratiques, la trame n'a pas la même forme
Une anamnèse de naturopathe s'attarde sur les habitudes de vie et le terrain, et peut devenir le document le plus long du dossier. Une anamnèse de sophrologue s'organise davantage autour de la demande, du rythme de vie et des objectifs à court terme. Dans les deux cas, le même conseil vaut : une trame courte que vous remplissez vraiment bat une trame exhaustive que vous abandonnez au troisième client.
Ce que l'anamnèse déclenche ensuite, ce sont vos comptes rendus de séance, qui en reprennent le fil. L'une pose le décor, les autres racontent le chemin.